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Des oiseaux nomades dans les écoles du Vaucluse

Lundi 18 mai. Il fait beau, beau, beau et un peu chaud ce matin de mai à Fontaine de Vaucluse. Les enfants jouent dans la cour de l'école. Ils nous attendent, nous voient arriver au portail, voltigent autour de nous. "Bonjour ! Bonjour ! Qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui ?" Première rencontre de la semaine. Le petit monde installé dans la classe est bientôt captivé par les histoires de Henri et Régis.

101_8862.JPGDessin de Carole

Pourquoi écrivent-ils sur les contes de Perrault ? Comment ont-ils fait pour savoir si bien dessiner ? Combien de temps faut-il pour créer un album ? Les questions soigneusement préparées rebondissent au tableau où Henri et Régis les attrapent au vol. Carole, discrètement posée au fond de la classe, croque les mots, les dos, les postures, le maître et les enfants.

On s'installe sous les platanes de la cour pour jouer aux apprentis illustrateurs à grand renfort de pastels secs. Les mains comme le papier se couvrent de couleurs, puis les visages et les vêtements au fur et à mesure que les animaux imaginaires prennent forme.

C'est l'heure de la cantine. Les oiseaux Nomades reprennent leur vol.

 

Mardi 19 mai. Autre décor. Les enfants de l'école primaire de Lauris ont au fil des semaines passées découvert les univers d'Henri et Régis au travers d'ateliers plastiques et de lectures. Leurs travaux sont exposés sur les tables de la médiathèque où Carole, Régis et Henri les attendent.

Discussion, brouhaha, chahut. Chuuuut, on écoute le son du feutre qui frotte sur le papier tandis que quatre mains habiles offrent un dessin aux enfants du CP. Petit cours d'illustration pour les uns et expérimentation du travail aux pastels secs pour les autres. On souffle sur la poussière colorée qui s'amasse sur les feuilles. On sort dans la cour pour couvrir les œuvres d'une brume de fixateur avant d'attaquer la couche suivante.

101_8866.JPGDessin de Carole

Quand l'heure arrive, les Nomades lissent de nouveau leurs plumes et ouvrent leurs ailes. On les attend déjà plus loin.

 

Vendredi 22 mai. On est ailleurs encore, à l'école primaire de Saint Didier. Carole s'est déjà envolée vers de plus froides contrées. Ici, les enfants ont longuement préparé la venue d'Henri et Régis. Partout dans l'école, on affiche des travaux pour accueillir les héros du jour. Tandis que les classes rencontrent tour à tour les deux invités, des apprentis Nomades proposent des ateliers autour de leurs albums. Il fait toujours beau. Des bassines de fraises bien mûres parsèment les salles et les couloirs de l'école pour le plaisirs des participants. On se retrouve en fin de journée dans la grande salle où Henri et Régis composent en direct avec les enfants les prémices d'une histoire de tortues et de voyage…to be continued !

101_8870.JPG101_8867.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

Les migrateurs repartent, laissant derrière eux des sillons de petites graines de lire, d'histoires en devenir, de germes à faire grandir encore et encore au soin des enfants et de leurs enseignants.

 

Des instants, des mots, des répliques, des rires attrapés à la volée au cours de ces trois belles rencontres dont voici un peu de leurs voix…

‒ Bonjour les enfants. Vous savez qui on est ?

‒ Ouiiiiii !

‒ Et on est qui ?

‒ Henri et Régis !

‒ Et vous êtes qui ?

‒ Des enfants !

 

Je n'ai jamais l'impression de travailler. Quand on prend du plaisir à ce qu'on fait, on y passe du temps. Et finalement on travaille beaucoup !

 

"Je ne me suis jamais arrêté de dessiner depuis que je suis tout petit. C'est une chance que ce soit devenu mon métier sinon j'aurais arrêté. C'est d'avoir beaucoup pratiqué que j'ai progressé." Régis raconte l'histoire de Picasso à qui son cuisinier demande un dessin. Alors Picasso lui en fait un rapidement sur le coin de la table. Le cuisinier râle un peu "J'ai passé des heures à préparer ton repas et toi tu me fais un dessin en cinq minutes ?" Picasso lui répond "Non, ce dessin, j'ai mis cinquante ans à le faire." Henri insiste : c'est du temps, de la pratique, du travail pour arriver à quelque chose.

Écrire, c'est un peu comme un robinet rouillé. Cela vient de très loin, ça met du temps. Et puis un jour, ça s'ouvre, hop, et ça coule en cinq minutes.

 

"C'est un métier que l'on peut partager avec tout le monde." Henri

 

"Quand on illustre, on fait un dessin qui va raconter quelque chose. Il n'y a pas besoin de bien savoir dessiner pour ça, il faut surtout savoir raconter." Régis

 

‒ Qu'est-ce qu'il faut pour écrire une histoire ?

‒ Un stylo plume !

‒ Des crayons de couleurs !

‒ Un feutre Veleda !

 

"Tu as une tâche sur ton pantalon." − Un enfant à Régis

 

‒ Une fois qu'on a écrit l'histoire, qu'est-ce qu'il faut ?

‒ Des dessins.

‒ Ah ! Et comment il s'appelle celui qui fait les dessins ?

‒ Régis Lejonc !

Rires

‒ Oui, enfin pas tous, c'est l'illustrateur.

 

Carole, installée derrière Henri et Régis face aux enfants, dessine. Eux expliquent d'où vient La Môme aux Oiseaux. Régis tient le livre ouvert sur ces genoux à la page où l'on voit le petit garçon courir à toutes jambes. Sa tête, invisible en dehors du cadre de la page, est parfaitement remplacée par celle de Régis qui n'a rien remarqué.

 

‒ Comment est-ce qu'on peut coller avec un ordinateur ? questionne un enfant tandis que Régis leur explique sa technique d'illustration.

 

RÉGIS ‒ Je suis en train de faire un fée.

UN ENFANT ‒ Mais non, c'est un dragon.

UN ENFANT ‒ Oh, une souris !

RÉGIS ‒ Mais non, c'est pas une souris.

UN ENFANT ‒ C'est un enfant.

UN ENFANT ‒ Non, un écureuil.

RÉGIS ‒ Oh je suis nul en dessin !

UN ENFANT ‒ Mais ça a pas de cornes un dragon !

RÉGIS ‒ Si, c'est le Grand Cornu celui-là.

LES ENFANTS ‒ Ah ouaiaiaiais !

 

Séances de dédicaces. Des émotions et des dessins déposés sur les pages des livres à l'intention des petites mains qui s'y agrippent et de grands yeux attentifs.

 

Henri : "Je n'écris pas avec des idées, j'écris avec des mots." Il y a les sentiments, les émotions, la sensibilité.

 

Le cri du crapaud et le cri du corbeau. Le cri de la hyène.

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Dessin de Carole

"C'est un garçon qui raconte et c'est la fille qu'on voit le plus. Mais c'est elle qui a la magie." Régis à propos de La Môme aux Oiseaux.

 

Jojo la mache, Olivier Douzou, Le Rouergue.

 

Faire avec plaisir.

Raconter des choses incroyables avec peu de mots et des images en touchant tous les sujets, même les plus durs.

 

RÉGIS − Qui c'est qui écrit le texte ?

HENRI − C'est l'auteur.

RÉGIS − Merci Henri. Ce n'est pas à toi que je posais la question.

 

La patouille : fameuse technique d'illustration d'Henri Meunier qui consiste à changer de technique en fonction de l'effet qu'il attend de l'image, l'époque qu'il veut lui rattacher, le temps qu'il souhaite que le lecteur lui consacre…

 

"Tu dessine bien Meunier !" − Un enfant

 

LA PETITE FILLE − Concentre-toi !

LE GARÇON − Pourquoi tu veux que je me concentre ?

LA PETITE FILLE − Ben écoute au moins.

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