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meto

  • Meto

    Coup de cœur !!!

     

    meto.jpgLa trilogie Méto d’Yves Grevet : La Maison (tome 1), L’île (tome 2) et Le Monde (tome 3) chez Syros jeunesse

    Méto ou l’apprentissage de la désobéissance

     

    Je l’attendais avec impatience car chaque tome m’avait laissée en suspens. En effet, le rythme du récit est enlevé, attachant le lecteur dès le premier chapitre du premier tome.

    Il s’agit, comme d’autres romans jeunesse (en particulier le très bon Combat d’Hiver de Jean-Claude Mourlevat), de se plonger dans un milieu carcéral très injuste et violent, qui reste mystérieux aux jeunes enfermés. Les jeunes garçons orphelins de la Maison sont maintenus dans une totale ignorance de leur passé, de leur futur, de leur identité. Les Césars, geôliers autoritaires et terrifiants, leur attribuent un nom latin. Rebaptisées, les nouvelles recrues sont ensuite initiées par les plus grands. Il s’agit en fait d’intégrer de nombreuses règles, arbitraires, et de décourager les plus curieux.

    Méto, le narrateur, est un garçon que le système n’a pas broyé. Il sait se plier aux ordres pour éviter les sanctions extrêmement violentes et garde un esprit d’observation et d’analyse qui lui permettent de comprendre petit à petit le fonctionnement de la Maison.

    Au cours du premier tome, Méto sera l’instigateur d’une révolte sans précédent. Capable de fédérer et doué d’une intelligence fine, il réussit à sortir de la Maison. Mais le combat est rude et Méto gravement blessé.

    Le deuxième tome est le récit sombre de l’après-révolte. Méto et ses compagnons ont rejoint le groupe des Oreilles coupés, dont les règles sont tout aussi strictes que celles de la Maison. Méto découvre que la Maison est bâtie sur une île dont une partie des terres sont placées sous la responsabilité des Oreilles coupées. Très méfiants à l’égard des jeunes rebelles, les Oreilles coupées les mettent à l’épreuve. A la fin du tome, Méto et ses camarades sont forcés de retourner dans la Maison et craignent évidemment ce retour et la riposte des Césars.

    Le troisième et dernier tome voit le personnage de Méto se révéler. Plus mature, moins naïf mais toujours obstiné et idéaliste, l’adolescent, qui peut s’appuyer sur de nombreux alliés, n’a pas perdu de vue son objectif : faire exploser cet orphelinat-prison pour rendre à chacun sa liberté et sa capacité à choisir son destin. Les missions que lui attribuent les Césars sur le continent lui permettront d’élaborer sa stratégie et de comprendre qui il est.

    Il me paraît pertinent de rapprocher le récit d’Yves Grevet du Combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat car les deux romans partagent des points communs. En premier lieu, les personnages, des adolescents, sont « mis sous cloche » dans des orphelinats-prisons dont la mission affichée est de les préserver d’un monde mauvais. Ces internats sont placés sous la responsabilité de directeurs autoritaires et violents. Le passé des jeunes est sciemment caché par les institutions qui entendent organiser le destin des adolescents. Dans ces deux romans, il est également question de désobéissance, d’engagement pour la liberté, de chacun mais aussi de la société. Et en cela ces deux livres sont importants : ils présentent des personnages convaincus, obstinés, courageux qui osent affronter un ordre établi arbitraire pour réintroduire les libertés perdues, et cela même si des compromis doivent être négociés.

     

    Stéphanie Horard